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Le virus du chikungunya peut désormais se transmettre dans la majeure partie de l’Europe

Les données indiquent que la crise climatique et les moustiques invasifs peuvent propager cette maladie dans 29 pays, dont l’Espagne

Les données indiquent que la crise climatique et les moustiques invasifs peuvent propager cette maladie dans 29 pays, dont l’Espagne

Le chikungunya, une maladie jusqu’ici associée aux climats tropicaux d’Afrique ou d’Asie, cesse d’être une menace lointaine pour devenir une réalité européenne. Une étude menée par des chercheurs du UK Centre for Ecology & Hydrology et de l’Université de Glasgow avertit que ce virus a déjà le potentiel de se transmettre dans la majeure partie du continent pendant les mois d’été.

La combinaison d’un climat de plus en plus chaud et de l’expansion des moustiques invasifs a créé le scénario parfait pour que la maladie s’installe dans des régions où cela était auparavant peu probable, voire impensable. Il convient de rappeler qu’en Espagne, en 2024, dix communautés autonomes ont enregistré 54 cas importés (46 % confirmés), sans aucun cas autochtone confirmé, et que l’an dernier, jusqu’au mois d’août, 32 cas ont été notifiés selon le Centre national d’épidémiologie. Précisément en août, le Département basque de la Santé du Gouvernement basque a renforcé les mesures après la détection d’un cas autochtone de chikungunya à Hendaye, lié aux foyers apparus en France, ainsi que la notification de deux autres cas possibles dans la même zone.

Le principal vecteur responsable de cette maladie est Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre. Cet insecte n’est pas originaire d’Europe, mais depuis son arrivée dans le sud du continent en 2007, il n’a cessé de gagner du terrain vers le centre et le nord. Le chikungunya est une maladie qui provoque de la fièvre et des douleurs articulaires si intenses que, dans certains cas, elles peuvent devenir invalidantes. Le virus se transmet lorsqu’un moustique pique une personne infectée et, après quelques jours, transmet le virus à une autre personne saine par une nouvelle piqûre.

L’une des révélations les plus importantes de cette recherche, publiée dans le volume 23 (235) du Journal of the Royal Society Interface, est que le virus peut survivre et se transmettre à des températures plus basses qu’on ne le pensait. Les scientifiques ont découvert que le cycle de transmission est possible même lorsque le thermomètre indique environ 13,8 degrés, une température courante dans presque toute l’Europe pendant une bonne partie de l’année.

Mais l’étude souligne aussi que le virus est extrêmement efficace lorsqu’il fait chaud. À une température de 30 degrés, il lui faut seulement environ 1,7 jour pour se développer à l’intérieur du moustique et être prêt à infecter un être humain, un délai bien plus court que celui d’autres maladies similaires comme la dengue. Le point d’efficacité maximale de transmission se situe à 25,6 degrés.

Une carte du risque dans 29 pays

La recherche a analysé la situation dans 29 pays européens, révélant une carte du risque très contrastée. Les pays du sud, comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal, présentent le niveau d’alerte le plus élevé, avec des conditions favorables à la transmission pendant six mois ou plus par an, généralement entre mai et novembre.

Dans une zone de risque modéré se trouvent des pays d’Europe centrale comme la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et les Pays-Bas, où le danger se concentre sur une période de trois à cinq mois par an. Même dans des pays plus septentrionaux ou atlantiques, comme le Royaume-Uni, la Suède ou la Finlande, il existe un risque faible mais réel pendant les mois de juillet et d’août.

L’étude souligne que le climat n’est qu’une partie du problème. Le flux constant de voyageurs et le commerce international facilitent l’introduction du virus en Europe par des personnes infectées venant d’autres régions du monde. Si le moustique tigre est présent dans la zone et que les températures sont adéquates, une flambée locale peut apparaître. C’est pourquoi les experts estiment que comprendre ces schémas saisonniers est essentiel pour que les systèmes de santé publique puissent concevoir des stratégies de contrôle plus efficaces et protéger la population face à l’expansion de ces maladies tropicales sur le sol européen.

Article publié dans El Correo (accès sur abonnement)
jeudi dernier, le 19 février 2026, par Julio Arrieta: :

https://www.elcorreo.com/sociedad/salud/virus-chikungunya-puede-transmitirse-mayor-parte-europa-20260218173739-nt.html